Le feuilleton présidentiel (Episode 1) : Marine Le Pen

C’est avec plaisir que j’inaugure ce feuilleton présidentiel qui aura pour but de décortiquer le programme de chaque candidat et de lui attribuer une note finale. Le format restera le plus concis possible, avec pour l’espoir que toutes et tous puissent se faire une opinion sur le candidat en question facilement. Ces analyses me sont naturellement propres, et n’étant pas candidat, mon objectif est davantage de lancer des pistes de réflexions à travers mes commentaires, que de convaincre.

Bien évidemment, et quelque soit votre choix final, je vous invite vivement à aller voter en avril prochain !

Au passage, je vous invite à noter vous aussi le programme du candidat présenté dans les commentaires.

Et nous commençons donc avec…

Marine Le Pen, qui a présenté un programme résumé en 22 points (en référence à l’année 2022).

On peut constater que l’immigration est le sujet mis en avant, dès le premier point. A l’évidence, l’immigration en France est un sujet équivoque et il est toujours compliqué de faire la part des choses sur ce dossier brûlant. Rien de nouveau sous le soleil, mais je trouve que les termes employés sont offensants (comme immigration de peuplement), et que la suppression du regroupement familial est à débattre. Si l’immigration est contrôlée et définie en fonction de la conjoncture pour qu’elle reste raisonnable, je ne vois pas comment nous pourrions empêcher une famille ( de 1er degré) de rejoindre son parent. C’est ne pas prendre en compte la réalité humaine, car personne ne veut vivre sans son épouse, ses enfants, son mari…

Concernant l’acquisition de la nationalité, je comprends que Marine Le Pen veuille insister sur le critère de mérite, car cela aurait l’avantage d’honorer au carré ceux qui arriveraient à l’avoir. Ce serait un honneur de la Nation envers son nouveau citoyen. Mais concernant l’assimilation, là encore il eut été préférable que ce soit détaillé. Qu’est-ce que l’assimilation pour Marine Le Pen ? La même définition que le candidat Zemmour ?

Pour ma part, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire sur ce blog, l’immigration pose actuellement problème sur le plan économique, social et culturel. Je m’explique :

Economique, car la France n’est pas en mesure d’offrir du travail (sauf dans certains domaines très particuliers), ce qui est la base pour recevoir dignement des étrangers. Même si personne ne doute que la France est une terre privilégiée pour des raisons de langue, de libertés, de géographie et j’en passe, le critère économique doit être au coeur de ce sujet par respect pour ceux que l’on accueille, et aussi pour la France.

Social, car recevoir des centaines de milliers de personnes par an nécessite des logements, des écoles, des médecins… Cela ne peut se réfléchir a posteriori, mais bien a priori de l’accueil.

Sociétal, car même si je suis contre le principe ubuesque de l’assimilation (qui voudrait qu’un étranger s’acculture du jour au lendemain pour être comme n’importe quel Français, au mépris des règles psychologiques et sociologiques), je suis toutefois en faveur du principe d’intégration. La France a une Histoire, une langue, des lois, et accueillir des immigrés c’est aussi leur présenter fièrement la nature de leur pays d’accueil, ainsi que ses valeurs fondamentales.

Simpliste, caricatural et facile. Quelles sont les « idéologies islamistes » ? Quels sont leurs réseaux ? Mystère total.

C’est déjà mieux en précision et en réalisme. Il y a un vrai problème d’insécurité en France, et même si Eric Dupond-Moretti a fait le maximum qu’il pouvait en un an et demi sous le feu des critiques, il n’en demeure pas moins que c’est avant tout un président de la République réellement investi dans cette grande cause nationale qu’il nous faut.

Bien, mais baisser la TVA tout court serait mieux. Les Français(e)s sont étouffés à souhait et il est temps d’arrêter ce racket légal en pleine inflation galopante.

Cette proposition va dans le bon sens, mais là encore, notre pays est en haut du classement mondial en terme de prélèvements obligatoires, et ce n’est pas avec une mesurette sur seulement quelques milliers de salariés que nous pourrons régler ce problème persistant qui étouffe notre économie.

Privatiser l’audiovisuel public ? Pour. Sauf une seule chaîne à la rigueur, permettant de remplir un cahier des charges culturel et politique. Mais il paraît absurde de garder autant de chaînes publiques. Surtout que la suppression de la redevance est bienvenue, s’appliquant jusqu’à présent à tout le monde (même à des étudiants !). Pour les autoroutes, je suis toujours sceptique lorsque l’Etat souhaite s’octroyer une mission non régalienne, sauf dans certains cas. Baisser impérativement les prélèvements obligatoires c’est aussi faire des économies. Je suis par principe contre cette mesure qui ne dit pas son montant ni sa réelle utilité en cas de redressement économique et de hausse des salaires annoncée dans ce programme.

Pourquoi pas. La liberté économique, je suis toujours pour du moment que c’est raisonnable. Et en l’espèce, ça l’est.

Assez mitigé sur l’ensemble. De plus, ce serait la suppression de l’impôt sur l’héritage direct tout court qu’il faudrait. Pas seulement des classes moyennes. Cet impôt est d’ailleurs le plus scandaleux, et le plus cynique. De l’argent familial est privé. Il doit le rester.

Pour les 4 premières mesures, je suis pour un changement total de système. J’estime que chaque individu a une santé qui lui est propre, une travail qu’il lui est plus ou moins confortable. Ainsi, établir des règles générales d’âge de départ à la retraite me paraît déshumaniser totalement les travailleurs qui sont amalgamés les uns avec les autres, sans considération. C’est donc aux salariés de choisir, avec la suppression du système de répartition et l’instauration du système de capitalisation. Je conseille à ce sujet un article de Pascal Salin (ici).

Assez favorable.

Assez favorable aussi. Cependant, je suis également pour y ajouter un système qui existe déjà en Grande-Bretagne, à savoir le « winner takes all », c’est-à-dire que pour les scrutins uninominaux locaux, celui qui arrive en tête au premier tour est directement élu. Cela empêcherait les « magouilles » entre les deux tours et les obligations d’alliances qui dénaturent le programme initial des candidats.

Ces propositions mériteraient des recherches et des débats approfondis pour en mesurer la qualité, donc je ne me prononce pas.

Apprendre aux enfants à cuisiner, comme cela se fait dans certains pays, afin que le rôle de l’école soit avant tout d’apprendre à lire, à écrire et à manger. Je ne doute pas que les agriculteurs verront ensuite leurs ventes s’en porter bien mieux, au détriment des chips et des raviolis en boîte.

Plutôt convenable.

Assez favorable, bien que cela reste basique. En revanche, je suis totalement opposé à l’instauration d’un uniforme puisque c’est inutile. Les différences sociales se feront dans tous les cas, et je crois qu’au collège les enfants/adolescents commencent à tisser leur identité et que cela passe aussi par les vêtements, à condition qu’ils soient décents et qu’ils respectent une certaine atmosphère d’apprentissage.

Là encore, même si je comprends que c’est un programme global, je trouve que c’est totalement tiré par les cheveux et imprécis en terme de taux, en terme d’applicabilité…

Très imprécis, et très coûteux à première vue. Et puis, le but n’est pas de construire des logements sociaux mais de permettre à ce que ces familles puissent vivre dans le « parc privé » grâce à une économie croissante. Ne mélangeons pas cause et conséquence.

Du bon, du mauvais. Il faut éviter les dérives dirigistes, mais en même temps il y a une stratégie que je comprends.

Contre. C’est à la libre concurrence de permettre cela, pas à l’Etat. Marine Le Pen veut-elle également gérer mon budget de courses ? Soyons sérieux.

Marine Le Pen ne manque pas d’humour. Elle propose de « renforcer notre souveraineté » après avoir renoncé au Frexit. Où est la cohérence ?

Pour nos soldats, j’approuve mais quel candidat va dire sérieusement que les soldats ne doivent pas avoir l’équipement nécessaire ? J’attends des propositions plus concrètes.

Absolument contre. On ne cesse d’élargir les gouvernements successifs en nombre de ministères, donc je ne vois pas l’intérêt de cette création. Et si Marine Le Pen s’était donnée la peine d’expliquer en une phrase l’utilité de cette mesure, cela aurait été plus crédible. Pour le moment, cette proposition s’apparente plus à une volonté de faire plaisir à une partie de l’électorat qu’autre chose.

Finir avec une proposition aussi inutile et sans intérêt, c’est vraiment dommage.

Je trouve que ce programme, malgré quelques points intéressants, est vraiment fade et démontre la stratégie de « normalisation » de Marine Le Pen qui considère que les idées sont secondaires et donc modulables. Etait-elle sincère en regrettant son débat de second tour ? Car elle laisse penser que c’était son programme le vrai problème, pas elle.

En conclusion, aucune avancée en matière de subsidiarité pour décentraliser la France, aucune critique de l’Union européenne, très peu d’éléments en économie ou alors extrêmement flous. Aucune réforme ambitieuse pour réformer les institutions, comme la suppression du 1er Ministre ou la suppression de ministères (elle veut même en rajouter). On peut noter quelques touches positives mais timides.

Je pense donc que la note la plus appropriée est : 3 / 10.

Et vous ?

Une réflexion au sujet de « Le feuilleton présidentiel (Episode 1) : Marine Le Pen »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s