Jordan Bardella : le jeunisme à tout prix !


(Image : http://www.lepoint.fr)

Les adhérents du Rassemblement national ont décidé de confier la lourde charge de président du premier parti d’opposition de France à Monsieur Bardella, alors qu’il n’a que 27 ans. Il était opposé à un classique du parti, Louis Aliot (53 ans), et Maire de Perpignan.

A titre personnel, je n’ai qu’un an de différence avec le leader politique, et cela me met d’autant plus à l’aise pour analyser ce phénomène de jeunisme exacerbé qui, pour moi, pose problème.

Je ne connais pas personnellement cet homme, je ne l’ai jamais rencontré et comme des millions de Français, je ne le connais qu’à travers ses très nombreux passages télévisuels. Et une problématique me vient pour traiter ce sujet : de par son parcours personnel et politique, mais aussi de par son âge, est-ce que la France, une fois de plus, va se résoudre à tomber dans un jeunisme purement idéologique ?

Beaucoup se sont plaints de l’hyper représentation d’un personnel politique (femmes et hommes, je précise) âgé généralement de plus de 50 ans ces dernières années. D’ailleurs, la moyenne d’âge des candidats lors de la dernière élection présidentielle était de 57 ans et confirme cet état de fait (source). Eh bien, sachez que pour moi, c’est tout simplement le seul phénomène qui était satisfaisant dans cette campagne fantôme. D’ailleurs, qui était choqué lorsque Nicolas Sarkozy était élu président de la République à 52 ans ? N’était-ce pas un âge assez mûr, sans pour autant être de la vieillesse conséquente ?

Je ne veux pas attaquer gratuitement et personnellement Jordan Bardella, mais qu’en est-il de son parcours universitaire qu’il n’a même pas fini ? Et de son parcours professionnel ? Néant. Qu’en est-il de son parcours d’élu de terrain ? Néant, il siège au Parlement européen, loin des problèmes de la population nationale. À ce propos, que connaît-il aux différents fonctionnements des structures communales, d’agglomérations, départementales, régionales et étatiques ? Et je ne mentionne pas la simple théorie, mais le réel ! Car répéter des fiches tel un tract ce n’est pas connaître la réalité du terrain. Ce n’est pas connaître, en fait, la réalité de la vie des Français.

Pour illustrer mes écrits d’un exemple personnel, il faut savoir que j’ai été candidat dans une liste aux élections municipales pour la première fois à 19 ans, et la seconde fois à 25 ans. En fait, pendant que Monsieur Bardella était dans les hautes sphères frontistes et qu’il se pavanait de meetings en meetings, des milliers de jeunes – dont je faisais partie – étaient sur le terrain pour écouter les gens, pour comprendre le fonctionnement d’un centre communal d’action sociale ou d’un plan d’urbanisme local, ou même pour simplement écouter le témoignage d’élus qui se battaient depuis tant d’années sur le terrain.

Alors, oui, il faut que les jeunes s’investissent en politique dès la majorité. Certains en votant consciencieusement, d’autres en étant candidats. Et pourquoi pas ensuite devenir des présidentiables sérieux et crédibles dans les décennies suivantes. Mais le jeunisme pour le jeunisme, je dis « non ». Je dis d’ailleurs « non » depuis plusieurs années, et ces deux extraits d’un discours que j’ai tenu en novembre 2019 témoignent de la continuité de ma pensée sur ce sujet :

En conclusion, oui à la jeunesse de « citoyens-acteurs » dont je suis, oui au mélange générationnel en politique, mais non à l’ochlocratie juvénile qui se pense prioritaire et omnisciente.


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